Présentation
Andamarca est un petit village à caractère agricole perché dans les Andes péruviennes à 3 546 mètres d’altitude. Situé dans le département d’Ayacucho, on y accède par autobus à partir de Lima. Le trajet dure environ 12 heures et passe par Nazca et Puquio, où l’on peut notamment admirer la réserve naturelle “Pampa Galeras”. Les 3500 habitants du village d’Andamarca vivent essentiellement de l’agriculture. Ils cultivent plusieurs variétés de maïs et de pommes de terre sur des terrasses vieilles de 1000 ans appelées « Andenes ». Non loin de ces terrains escarpés, ils élèvent des alpagas et des vigognes dont ils vendent ou tissent la laine. Les andamarquinos parlent davantage le quechua que l’Espagnol. Ils sont les descendants directs des “Rukanas” ou “Lucanas”, dont on retrace l’existence à la période appelée “ Horizonte Intermedio Temprano”, soit 200 ans après Jésus Christ. Après avoir formé des coalitions avec d’autres peuplades pour tenter de résister à l’invasion Inca, la tradition andine raconte que l’empereur Pachahutec aurait fini par les vaincre et les condamner à lui fournir les jeunes fils des caciques afin de faire fructifier ses champs. L’histoire est encore vivante à Andamarca. En effet, dans la zone qui fait face à la cordillère, on retrouve les vestiges d’une grande citadelle de l’époque préhispanique baptisée «Caniche ». Celle-ci présente plusieurs couches architectoniques d’époques différentes, dont une de la période Inca. S’étendant sur vingt hectares, Caniche est reliée au village par de vieux chemins de pierre et des canaux d’irrigation pré-incas qui apportaient de l’eau à la citadelle et aux champs encore en exploitation aujourd’hui. On y trouve également d’anciennes structures militaires ainsi que des monuments funéraires précolombiens. L’église du village date du 16ème siècle. Elle possède un très beau jardin ainsi que des autels taillés dans le bois, mais demeure malheureusement fermée, faute de fonds pour la restaurer. Fort de ses paysages spectaculaires, de la culture et du savoir-faire artisanal de ses habitants, mais surtout de ses vestiges archéologiques, Andamarca possède un réel potentiel touristique que nous souhaiterions contribuer à développer.
Contexte économique
Andamarca souffre d’un important taux de chômage, avec comme conséquences, des enfants mal nourris voire sousalimentés, et un bon nombre de jeunes qui s’adonnent à l’alcool, la violence familiale et d’autres problèmes récurrents. L’absence de perspectives économiques locales génère un exode des jeunes qui, dès 15 ans, partent chercher des petits boulots dans les grandes agglomérations. Les distances et les infrastructures les empêchent de revenir fréquemment à Andamarca. Cette rupture du lien avec leur communauté entraîne une déperdition de la culture locale qui ne se transmet plus entre générations.